TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »

   

1939 Raymond Fortin, l'Exposition provinciale d'art religieux chrétien,
le sanctuaire de verdure d'Henri Hébert.

 


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Lequel des trois Raymond Fortin homonymes est l'auteur de cette sculpture publiée en 1939 ?

La légende, sous la première illustration, semble avoir été écrite par l'artiste lui-même : « Kateri Tekakwitha Statue de Raymond Fortin Premier prix des Beaux-Arts ».

La même information est reprise sous la photo publiée en 1939 : « Statue de Raymond Fortin Premier prix des Beaux-Arts ». Elle illustre la Neuvaine à Kateri Tekakwitha de Paul Racine (1908-2000), entré chez les jésuites en 1927, ordonné en 1940 (Paulin 2015) dont le seul autre ouvrage répertorié à la BANQ est son analyse d'un discours prononcé par Henri Bourassa (1868-1952) en 1910 (Racine 1941).

Les musées ne conservent aucune des oeuvres de cet artiste, indice du peu d'impact de sa carrière en arts plastiques (Artefacts Canada, Musée national des beaux-arts du Québec, Musée de la civilisation, Musée des beaux-arts de Montréal). Seul le Musée des beaux-arts du Canada répertorie son nom en le faisant naître en 1919 (web ou pdf!?

Advitam est tout aussi silencieux à son égard. Son nom ne figure ni dans A dictionary of canadian artists (MacDonald 1967-1971), ni au Dictionnaire des artistes de langue francaise en Amérique du Nord, peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres (Karel 1992).

Ne possédant aucune base pour identifer cet artiste, examinons les candidatures de trois homonymes ayant été actif vers 1939 : deux étudiants à l'École des beaux-arts, l'un à Québec, l'autre à Montréal, mais tout d'abord le jésuite que voici.

Le culte à Tekakwitha s'est développé chez les jésuites. Ils sont également à la source de ses iconographies depuis Chauchetière jusqu'à celles de l'un des leurs au XXe siècle, Camille Drolet. L'un d'entre eux s'appelait justrement Raymond Fortin (1909-1959), entré en 1925, ordonné en 1938 (Paulin 2015). Des oeuvres d'art d'artistes reconnus décoraient bien sa chambre, mais on ne lui connaît pas de pratique artistique.

« Deux statues de la Vierge, l'une de bronze, l'autre, de plâtre, signée Sylvia Daoust. Au mur, dans la pénombre, une pochade de Goodridge Roberts. [...] Le Père accomplit toutes sortes de besognes selon les désirs de l'obéissance : prédicateur, aumônier militaire, père spirituel, aumônier scout, directeur de Congrégations, de journaux de collège, de théâtre. Mais je suis sûr que son travail de prédilection était l'enseignement des belles-lettres, qu'il dispensa pendant douze ans. [...] Au cours de grec, il devenait un autre homme. Il connaissait son grec et l'aimait profondément [Bienvenue 1963.03, p. 49 et 51, collaboration Theresa Rowat]. »

« Kateri Tekakwitha Statue de Raymond Fortin Premier prix des Beaux-Arts » (KC KA F59).

« Statue de Raymond Fortin Premier prix des Beaux-Arts ». —  (Neuvaine à Kateri Tekakwitha, Racine 1939, p. 1) ; (Kateri 1950.03-EV02N02p08 ; 1962.12-EV15N01p14).

 


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ÉBAQ - École des beaux-arts de Québec, dessin industriel, musique et astronomie.

Un deuxième Raymond Fortin, né à Québec le 10 juin 1918, étudie au Séminaire, puis cinq ans à l'École des beaux-arts (P433 - A/2,3 - A/3 - collaboration Emmanuel Lamontagne ; AAEBAQ 2012 ; Langlois 1997.06) où, selon les registres des inscriptions (P433/A/2,1 - 1933 - 1934- 1935- 1936 - 1937), il suit les cours de dessin (1933-1938), décoration (1933-1938) et modelage (1933-1937), mais pas ceux de peinture ni d'architecture. Le « Domicile » de ses « Parents ou Tuteurs » est à Limoulou, d'abord au 127 1/2 (1933) et 127 (1934 et 1935) de la 10e rue, puis au 3 (1936) et au 300 (1937) de la rue Maufils ; leur « Occupation » est décrite comme voyageur (1933 et 1934), puis tailleur (1935, 1936 et 1937) ; le nom de son père, « Georges Fortin », est indiqué seulement en 1937, mais pas celui de sa mère Albertine Parent. Il obtient une « Mention » en « 2ème année A » (P433/B/4,1). Ses cours d'histoire de l'art l'introduisent à plusieurs sources d'influences, dont l'art égyptien utilisé sur cette sculpture et sa gravure, ainsi que l'art byzantin pour le vitrail.

• 1ère année : arts égyptien, chaldéo-assyrien, persan, grec et romain. • 2e année : arts chrétien, byzantin, musulman, roman et gothique. • 3e année : arts de la renaissance italienne, française et européenne, styles Henri IV et Louis XIII. • 4e année : styles Louis XIV, Louis XV, Louis XVI et Empire ; arts du 19e siècle et moderne. • 5e année : séminaire de fin d’études. (Collaboration Emmanuel Lamontagne d'après P433/B/1,4.)

Il termine ses études à l'âge de 20 ans et ses oeuvres ont pu faire partie du vernissage du salon des élèves à l'École des beaux-arts, le mardi soir 31 mai 1938, ouvert jusqu'au 15 juin (1938.05.25 - ces archives n'ont pas été conservées pour 1938 selon P433/C/2,1). Il oeuvre d'abord comme dessinateur et cartographe au Ministère des Terres et Forêts (1938-1945). Il épouse Madeleine Laplante en 1941 ; ils auront 12 enfants et en adopteront un autre. Il s'établit à Dolbeau, en mai 1945, où il travaille comme dessinateur industriel, notamment pour les plans de coupes de bois en forêt (Lake St. John Power and Paper, St-Lawrence Corporation, Domtar, P332-FRF - A1/1).

« M. Fortin fit partie de l'orchestre symphonique de Québec [OSQ] comme violoniste durant 10 ans [P08-FLT - D7/1 1976.12.04] », donc de 1935 à 1945. La réalité historique est plus complexe. Fondée en 1902, l'OSQ prend le nom de Société symphonique de Québec l'année suivante. En 1935, un groupe de dissidents crée le Cercle philharmonique de Québec (Fonds sur Pistard), plaçant à sa tête Edwin Bélanger (1910-2005) qui prend finalement la direction de l'OSQ suite à la fusion de ces deux ensembles en 1942 (BANQ P519 ou pdf ; Guay 2002, p. 47). Son nom n'apparaît pas sur les rares documents présentant les musiciens de ces orchestres en 1938-1939 (collaboration Bertrand Guay). Toujours mélomane, Fortin fonde à Dolbeau la chorale Do-Mi-Sol (1951-1953, web ou pdf), puis la Société des concerts (1957). Il transmet cette passion musicale à sa famille (P332-FRF - A1/1) : Monique et Lise pianistes, Michel violoncelliste, Marc-André clarinettiste, Hélène soprano colorature (web ou pdf).

Toujours artiste dans l'âme, il crée le Studio d'art Raymond-Fortin où, en plus de 90 élèves (de 1964 à 1969 selon : • P08-FLT - D7/1 1976.12.04. • Dolbeau web ou pdf. • P08-FLT - D2/34. • P332-FRF - A1/1. • Collaboration Frédérique Fradet.), il forme sa fille Lise au dessin, au fusain et à la peinture à l'huile (en 1969-1971 selon : Qui suis-je ou pdf ; Expérience ou pdf ; Réalisations ou pdf ; CAQ ou pdf). Il s’intéresse également à la photographie et au cinéma (web ou pdf).

Membre de la Société d'astronomie de Québec (P08-FLT - D7/1 1976.12.04), puis de la Royal Astronomical Society of Canada dès 1940 (Trottier 2006.10-12 - encore aujourd'hui très anglophone avec un site web unilingue), Raymond Fortin innove en publiant un planisfère céleste en français après la Deuxième Guerre mondiale, puis en obtenant les subventions pour ouvrir le Centre Astro, en 1971, qu'il meuble d'appareils de sa conception et dirige pendant plusieurs années. Il décède le 18 août 1997 après une longue maladie. Astro ferme en 2002 et le site, situé au 1208 Avenue de la Friche (web ou pdf), est démoli en 2018 (web ou pdf), ses appareils ayant été récupérés par le planétarium et observatoire de Saint-Félicien. Tout comme lui, les Égyptiens s'intéressaient beaucoup à l'astronomie, qui nourissait leur culture.

(KC KA F59).

(KC AKR P025-4).

Centre Astro (1971-2018) à Dolbeau, son cadran solaire et Raymond Fortin près d'un télescope.
Photos : SwellMap (web) ; ITHQ (web ou pdf) ; web ou pdf ; Trottier 2006.10-12.

 


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Illustrations d'un livre de Léon Pouliot et signature égyptophile.

Mais la candidature de ce Raymond Fortin de Québec ne peut pas être retenue. Aucune mention d'un premier prix le concernant n'a été retrouvée. Et il a terminé ses études depuis deux ans lors de la parution d'un livre du jésuite Léon Pouliot (1898-1980, web ou pdf), illustré par un homonyme présenté comme étudiant (Pouliot 1940a, p. titre), soit 4 gravures du missionnaire Anne de Nouë (1587-1646), ainsi que la 4e de couverture, qui portent la même signature stylisée que cette sculpture ! Il s'agit donc d'un autre artiste qui livre sa vision (très personnalisée) d'une salle de classe (peut-être avec son autoportrait, assis en bas à droite) et de l'une des rues du vieux Québec. Marie-Claire Daveluy en fait l'éloge dans un texte daté du 20 décembre 1939.

« Du second illustrateur de l’ouvrage, M. Raymond Fortin, étudiant, nous aimons l’image qu'il a tracée de l’activité serviable du Père Anne de Nouë. Le dessin de la page 136 porte comme légende: "Ce fut lui qui sauva la vie de nos Pères... allant chercher du poisson et de l’anguille". Le missionnaire, vu de dos, émeut par le mouvement des épaules qui s'affaissent. L’épreuve, on le devine, alourdit sans l'interrompre la marche de cet indomptable de la charité. Il y a là, je le répète, un mouvement de lassitude vaincue que le jeune artiste a bien rendu [1939.12.23]. »

Article repris dans L'Action Catholique du 7 janvier 1940 qui consacre une double page, abondamment illustrée, à cet ouvrage et où figure une reproduction de la gravure décrite. Son style touffu et détaillé rompt avec celui très dépouillé de Louis Archambault qui signe, dans ce même livre, la 1ère de couverture et 25 planches sur Énemond Massé (1575-1646).

Raymond Fortin, Le P. Anne de Nouë meurt dans la tempête de neige. (Page 127.), gravure, Pouliot 1940a, p. 125.

Raymond Fortin, « A 21 ans, Anne de Nouë se fait écolier. » (Page 132.), gravure, Pouliot 1940a, p. 131.

Raymond Fortin, « Ce fut lui qui sauva la vie de nos Pères, allant chercher... du poisson et de l'anguille. » (Page 136.), gravure, Pouliot 1940a, p. 137.

Raymond Fortin, Le corps du P. de Nouë repose aux Trois-Rivières près du Flambeau, symbole du souvenir. (Page 142.), gravure, Pouliot 1940a, p. 143.

Raymond Fortin, Le cairn de Contrecoeur, gravure, Pouliot 1940a, p. 4 de couverture.

 

Raymond Fortin, Kateri Tekakwitha, 1938-1939, sculpture en bois, 37 x 14 x 12,4 cm, « Raymond Fortin » gravé et « 1940 » à la mine de plomb, Archives des jésuites au Canada, 2012 023. Photos ci-dessus et à droite : Brittany Webster, August 4, 2016. Collaboration Theresa Rowat.

Les Archives des jésuites au Canada conservent un exemplaire de cette oeuvre. Leurs dossiers indiquent « une sculpture identique [...] dans le petit musée » de Kahnawake et « une très semblable dans l'église ». Sa signature très particulière, identique à celle des gravures publiées par Pouliot, permet de l'attribuer au même artiste.

Tout comme le décor, cette signature gravée est très sophistiquée : sommets allongés du « F » et du « T » s'unissant en soulignement du prénom, contrepartie de celui du nom, finale courbée du « n » prolongée vers la droite et terminée par un point. La hampe démesurément longue du « d » trouve son explication dans le prolongement de celle du « F », très penché vers la droite et joint à la jambe du « y » : le motif de pyramide qui en émerge, tout comme à Guizeh où il est multiplié, se répète dans le « A », les « R » et plusieurs fois sur la jupe de Tekakwitha. Une interprétation graphologique pourrait y déceler idéalisme, perfectionnisme, volonté et contrôle.

Le style de cette sculpture se démarque fortement de toutes les autres représentations de Tekakwitha par ses références à l'art déco, mais surtout à l'art égyptien par son caractère hiératique, sa posture dont celle de la tête avec son bandeau, ses aplats, ses vêtements et ses motifs décoratifs. Il est alors à la mode suite à la découverte du tombeau et du trésor de Toutânkhamon en 1922 et il faisait partie des cours d'histoire de l'art suivis à l'École des beaux-arts, à Québec ainsi qu'à Montréal par Jean-Baptiste Lagacé (Hazan 2013.12). En outre, un appel à candidatures pour « l'exposition d'architecture moderne adaptée à l'Égypte », en 1936, a pu susciter l'intérêt des étudiants (P433/C/3,4 - 1936.11.27).

 


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ÉBAM - Premier prix à l'École des beaux-arts de Montréal.

L'auteur de cette sculpture doit donc être un troisième homonyme, le Raymond Fortin qui étudie à l'École des beaux-arts de Montréal de 1935 à 1940. En 1936, à la fin de sa première année, il obtient une mention honorable en modelage ornemental (cours élémentaire, 1ère année, division B) et dessin moyen (cours élémentaire hommes) (1936.06.02). En 1937, il remporte un prix en sculpture sur bois, un 3e prix en modèle ornemental (cours moyen, 2e année, division B) et une mention honorable en dessin (cours moyen) (1937.06.01). En 1938, il obtient trois premiers prix : jouets en bois découpés et peints, modelage ornemental (cours supérieur 3e année) et sculpture sur bois (2e année) (1938.06.02).

Année faste en 1939 : prix du directeur de l'École (sections de dessin, gravure, décoration et modelage) ; 1er prix sculpture sur bois ; 2e prix modelage ornemental ; 3e prix composition décorative (3e année, division B) ; 1ère mention dessin antique ; prix anatomie artistique ; mention perspective (Le Devoir 1939.06.09, Le Canada 1939,06.14 et L'illustration nouvelle 1939.06.09, 1939.06.12, 1939.06.14).

« La sculpture sur bois nous offre des travaux intéressants et, bien que fort sages, (ce qui n’est pas un reproche) où nous soulignerons un souci évident de la finition. La statuette de Katerl Tekakwitha, par Raymond Fortin (1er prix), intéressante dans une stylisation qui sied d'ailleurs à la statuaire religieuse, mérite une mention particulière [1939.06.20]. »

Ce même article reproduit une autre oeuvre du même artiste (photo à droite), son projet de « verrière » ou de vitrail pour Tekakwitha.

« "Katerl Tekakwitha", projet de mosaïque de Raymond Fortin, (1er prix de décoration) qui figure à l’exposition de l'Ecole des beaux-arts [1939.06.20]. »

Le 23 septembre 1939, La Presse publie la grande photographie ci-contre de la sculpture avec cette légende qui identifie, sans aucune ambiguïté, son auteur.

« Kateri Tekakwitha, la petite vierge iroquoise qui naquit de la race des bourreaux de saint Isaac Jogues, d'après une figurine magnifique de pieuse simplicité, oeuvre de Raymond Fortin, 1er prix des Beaux-Arts de Montréal [1939.09.23]. »

À l'occasion du « 260e anniversaire de la mort de Kateri Tekakwitha », alors que « le Saint-Père a signé le décret d'introduction de la cause de béatification », un article, publié dans Le Canada du 18 avril 1940, louange cette oeuvre sculpturale au même tire que plusieurs autres (voir aussi La Gazette du Nord 1940.04.26).

« Cette douce et gracieuse figure devenue presque légendaire a également inspiré de nombreux artistes tant canadiens que français. Rappelons simplement les dessins de Paul Coze qui ont servi à illustrer le livre de Robert Rumilly ; la statuette de bois sculpté du jeune artiste montréalais Raymond Fortin ; la belle pièce de céramique de M. Spénard, des Trois Rivières ; les dessins, les haut-reliefs et les médaillons de Louis Archambault ; le tableau de Mère Marguerite Nealis et nombre d’autres [1940.04.18]. »

(KC AKR P125-1).

 « Figure 50 Jean-Jacques Spénard, sculpture de céramique, dans Le Scalpeur : revue diminutive et pieuse au service de la Vierge iroquoise Catherine Tekakwitha, Montréal, Le Brigand, septembre 1945, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [Paquette 2015.01, p. 148] ».  (KC AKR P125-1 détail). 

Angéline Saint-Pierre attribue à Médard Bourgault la sculpture pourtant signée de Raymond Fortin pour laquelle il a obtenu un 1er prix à l'École des beaux-arts de Montréal en 1939.

Signée Raymond Fortin et sculptée en 1939, erronément attribuée à Médard Bourgault par Saint-Pierre 1976, p. 100 : « Kateri Tékakwitha, 1941, 30", cèdre, Musée de la Mission Saint-François-Xavier de Caughnawaga. Photo: Armour Landry. »

       

En fait, Bourgault s'est inspiré pour sa Tekakwitha sculptée en 1941 de l'original style égyptien utilisé par Fortin deux ans plutôt.

Médard Bourgault, Tekakwitha, 1941, sculpture sur bois (KC AKR P003-1.

 


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Gravure et sa réédition en affiche des décennies plus tard.

Le numéro du printemps 1953 du périodique Kateri fait état d'une importante offensive publicitaire visant toutes les institutions catholiques canadiennes. La page couverture lie directement, en période de carême, la future sainte aux souffrances du Christ dans une audacieuse composition de Groot. Cette opération vise à financer la « Kateri Tekakwitha Guild » établie à Caughnawaga, aujourd'hui Kahnawake (p. 2). L'uchronie de leur prosélytisme, se présentant en directe filiation des autochtones du XVIIe siècle, s'y exprime plus subtilement que celui de la Tekakwitha League américaine, qui manifeste à cette occasion son admiration devant cette opération d'envergure.

La lettre circulaire (p. 15) signée par le vice-postulateur Henri Béchard fait état d'une affiche imprimée en grande quantité, en anglais et en français, illustrée d'une plaque de gravure reproduisant la sculpture d'influence égyptienne conçue en 1939 par Fortin. La mauvaise reproduction ne permet que d'y lire l'intitulé : « pray to the venerable Kateri Tekakwitha ». Groot reproduira cette gravure de Fortin dans un dessin publié en septembre 1958. La composition de Fortin sera en outre réutilisée pour des festivités célébrées en 2005-2006.

   

Groot — (Kateri 1953.03-EV05N02p01).

(Kateri 1953.03-EV05N02p02).

(Kateri 1953.03-EV05N02p03).

(Kateri 1953.03-EV05N02p15).

Fortin, Gravure. — (Kateri 1953.03-EV05N02p15) ; (LM 1953.03-04).

Groot d'après la gravure de Raymond Fortin, dessin. — (Kateri 1958.09-F000p03, attribution p02 ; 1958.12-EV11N01p03).

« Editor: Rev. Henri Béchard, S.J . V.-Postulator | Art Editor: Rev. Camille Drolet, S.J. | Associate Editor: Rev. Albert Burns, S.J., | THE KATERI TEKAKWITHA GUILD | The sodalists of the Blessed Virgin of Caughnawaga, Quebec who are descendants of the earliest Christian Indians in Canada and New York State, have formed themselves into a Guild to spread devotion to Venerable Kateri Tekakwitha. [...] Published quarterly to spread devotion to Ven. Kateri Tekakwitha by Rev. George Brodeur, S.J., at Mission St-François-Xavier, Caughnawaga, Quebec, Canada [Kateri 1953.03-EV05N02p02]. » « [...] thanks to the generosity of four sponsors, English and French posters have recently been sent to every Catholic institution in the country. If none appears on your parish or school bulletin-board during Lent, graciously remind your Superior or Pastor about it [Kateri 1953.03-EV05N02p03]. » « To the Most Reverend Bishops of Canada, | To the Very Reverend Superiors and Pastors, | To the Reverend Brother Directors, | To the Reverend Sis ter Superiors, | Dear Friends of Kateri, | As V.-Postulator for the Cause of Venerable Kateri Tekakwitha, I am forwarding you the enclosed poster, an invitation to pray for the prompt Beatification of the Lily of the Mohawks! Would it be asking too much to place it, well in evidence, in the vestibule of your church during all the Holy Season of Lent? | The Cause of Tekakwitha is as poor as she was here below during her life-time; it has no official funds. Hence, to meet the heavy cost of printing and mailing this poster to every Catholic parish and institution in Canada, I was obliged to seek financial assistance. I now most heartily recommend our sponsors and invite you to patronize them: | The Catholic Central Bureau [...] The Knights of Columbus, Council 1776 of Lachine [...] J.-F. Bédard Ltée [...] Willis & Co., Limited [...] February 11, 1953 | Rev. Henri Béchard, S.J. [Kateri 1953.03-EV05N02p15] »

La référence à l'art égyptien est encore accentuée dans la plaque de gravure reproduisant la sculpture de Raymond Fortin étudiée ci-dessus, qui date de 1939, ce qui permet de situer cette oeuvre à la même période.

Il étudie à l'École des beaux-arts de Montréal de 1935 à 1940. Il est donc plausible qu'il y ait reproduit et transposé les mêmes styles et thématiques dans son exploration de plusieurs médiums. Il est donc possible qu'il ait lui-même gravé ses dessins publiés en 1940.

L'ombre, sur laquelle elle se détache, donne l'illusion que Tekakwitha émerge d'un sarcophage de l'Égypte antique, telle un pharaon ou une divinité éternelle déjà présente, par un anachronisme astronomique, bien avant l'avènement du Christ !

L'absence de références iconographiques à l'art chrétien ne l'empêche pas d'être utilisée dans une affiche beaucoup plus tardive afin de célébrer, en 2005, le 25e anniversaire de la béatification de Tekakwitha. On y indique qu'il s'agit, en 2006, du 350e anniversaire de sa mort, alors que c'est celui de sa naissance en 1656.

Fortin, Bélanger, Ordo dei Matri, Lentz, Langlois, Steele,
Exposition Kateri Tekakouitha (1656-1680), tenue en 2012, Archives des jésuites au Canada, Montréal.
— (web ou pdf) ; (Kateri 2013.03-E250p10 ; 2013.03-F207p10).

 


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Projet de vitrail et vie familiale idyllique.

La légende sous ce dessin identifie une « Verrière par Raymond Fortin ». Il date de 1938-1939 alors qu'il étudie à l'École des beaux-arts de Montréal de 1935 à 1940.

« "Katerl Tekakwitha", projet de mosaïque de Raymond Fortin, (1er prix de décoration) qui figure à l’exposition de l'Ecole des beaux-arts [1939.06.20]. »

Les cartouches du milieu, en haut puis en bas, en révèlent le sujet, « LA VIERGE IROQUOISE KATERI TEKAKWITHA », titre dans la continuité des nombreuses hagiographies du XIXe siècle.

Quatre autres cartouches évoquent encore l'art égyptien utilisé dans la sculpture et la plaque gravée. Ils présentent des textes illisibles sur cette reproduction qui n'indique pas le lieu de conservation de cette oeuvre (KC KA F59), fort intéressante, pétrie d'humanité familiale idéalisée.

L'encadrement jaune et bleu de ce projet de vitrail présente un assemblage de triangles se référant à des motifs autochtones ou à l'art égyptien, scandés par des fleurs de lys associées à Tekakwitha depuis Walworth 1891, ici influencées par le stylisme végétal de l'art nouveau.

Le grand rectangle central est dévolu à Tekakwitha seule, debout vue de face, auréolée, bandeau au front, cheveux attachés mais libres et non tressés, couverture sur les épaules, tenant une croix dans sa main droite, un chapelet dans sa main gauche, dont la figure, le visage et les vêtements présentent toujours des réminiscences de l'art égyptien et peut-être aussi de l'art byzantin par les petits carrés de mosaïques plus gros dans l'auréole.

Les six petites vignettes sont tout à fait dans la mouvance des idylliques récits illustrés de la vie de Tekakwitha très populaires depuis 1932. Tekakwitha y est identifiée avec un bandeau frontal et une plume, iconographie inspirée du modèle inventé par Yvan Jobin en 1935, ainsi que l'arc et le tipi illustrés par Henri Beaulac. Toutes les scènes se déroulent dans la nature.

 
Les vignettes de la colonne de gauche montrent la mère de Tekakwitha cousant seule, Tekakwitha aidant une dame âgée, puis enseignant à des enfants en leur montrant le ciel, les trois scènes campées devant un tipi, symbole de la résidence familiale.
 
Les vignettes de la colonne de droite montrent Tekakwitha enfant avec son père tenant un arc et regardant une croix au ciel, puis adulte priant seule devant une croix sur un arbre, thématique proposée par Devine depuis 1916.

 


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ARC - Art religieux chrétien - Exposition provinciale.

La sculpture de Tekakwitha par Raymond Fortin a été exposée en juin 1939, à la fin de l'année scolaire de l'École des beaux-arts de Montréal. Il l'a donc exécutée en 1938-1939, tout comme son projet de vitrail et, probablement aussi, sa plaque de gravure. Ces choix peuvent s'expliquer par toute l'effervescence artistique suscitée par la tenue, en 1938, de la très importante exposition Art religieux chrétien au Musée de la Province (aujourd'hui le Musée national des beaux-arts du Québec) que l'on prévoyait tenir du 19 juin au 2 juillet selon la lettre circulaire du 1er février 1938 (P433/C/2,3) de Jean-Baptiste Soucy envoyée aux journaux (1938.01.20, 1938.02.04, 1938.05.25).

« Organisée à l'occasion des fêtes du Congrès Eucharistique National du Canada qui sera tenue à Québec du 22 au 26 juin 1938 [CENC 1938], cette exposition d'Art Religieux Chrétien a pour but d'inciter les artistes canadiens de la Province de Québec à produire en plus grand nombre des oeuvres religieuses canadiennes et leur fournir en même temps l'occasion de se faire connaître avantageusement de la population religieuse et civile de la province ainsi que des nombreux étrangers qui visiteront Québec pendant cette période active du Congrès Eucharistique [P433/C/2,3 - 1938.02.01]. »

« "Nous aurons peut-être des surprises à la suite de cette exposition", nous disait, hier, M. Soucy. "Nous ne connaissons pas nos artistes d'art religieux, parce que cet art n'est pas du tout développé chez nous. Et c'est une véritable lacune, et la décoration de nos églises en souffre beaucoup. Nombre de curés seraient contents de faire effectuer quelque peinture murale ou posséder des vitraux qui seraient essentiellement canadiens-français. Notre histoire religieuse ne manque pas de grands sujets dignes d'inspirer nos artistes, et c'est le but de cette exposition de leur faire connaître au moins, une des branches de leur art". Il y aura deux jurys pour cette exposition. Le premier, qui sera composé de trois membres, choisira les oeuvres qui seront exposées et le second, composé de sept membres, attribuera les récompenses. Les noms des jurés seront connue dans une quinzaine de jours [1938.01.15]. »

Cet événement d'envergure, deux ans avant la venue du chantre du renouveau de l'art sacré le père dominicain Marie-Alain Couturier (Tremblay 1982, Lamonde 2012.12, Brunet-Weinmann 2016), est organisé par Jean-Baptiste Soucy, directeur de l'École des beaux-arts de Québec, avec la collaboration du Secrétaire de la Province (P433/C/2,3 - 1938.01.13), des universités Laval et de Montréal, l'École des beaux-arts de Montréal, ainsi que la Commission diocésaine des arts sacrés de l'Archevêché de Québec (P433/C/2,3 - 1937.12.27). On prévoyait de faire figurer les oeuvres sélectionnées par le jury (Robert Pilot, Henri Hébert, Jean-Paul Lemieux, Marcel Parizeau, Jules Bazin selon 1938.05.25 ; le Secrétariat de la province avait également proposé les noms de Clarence Gagnon, Horatio Walker, Émile Brunet, Rodolphe Duguay selon P433/C/2,3 - 1938.01.13) au catalogue imprimé (exposition tenue du 15 au 30 juin 1938 selon web ou pdf).

Imaginatif et dynamique, Jean-Baptiste Soucy présente en plus, au cours de cette même année, une exposition de dessins d'enfants (1938.04.23), ainsi qu'une « exposition de travaux exécutés par les élèves de l'École au cours des dernières vacances [1938.10.13] » !

Les trois Tekakwitha de Raymond Fortin, en sculpture, gravure et vitrail, s'inscrivent bien dans les critères définis pour ce concours : esquisse en couleur pour une peinture murale, une mosaïque ou un vitrail ; une scène journalière de la vie chrétienne (peinture, aquarelle, gouache, dessin, gravure, etc.) ; sculpture de saint-sainte, bienheureux-bienheureuse, fondateur-fondatrice d'une communauté au Québec ; objets du culte ; projets d'architecture. On propose d'attribuer une somme de 200$ à la meilleure ou aux trois meilleures oeuvres exposées (soit une valeur de 3 512,82 $ en 2019 selon le calcul de l'inflation). Les gagnants sont dévoilés le 15 juin.

« 1er prix de $75.00. - M. Almanzor Paré, de Québec, pour une statue en ciment de saint Prosper d'Aquitaine ; 2e prix de $50.00. - M. J.-Antoine Roy, de Québec, pour un canon d'autel en métal gravé fini or ; 3e prix de $25.00. - Mlle Simone Hudon, professeur à l'Ecole des Beaux-Arts, pour trois aquatintes d'un Chemin de Croix ; Mlle Sylvia Daoust, de Montréal, pour une statuette de la Madone en plâtre patiné ; Mme Marguerite Giguère-Boileau, de Québec, pour des esquisses en couleur. Mention honorable. - MM. Tourville et Parent, architectes de Montréal, pour des aquarelles et un projet de fer forgé. Le nombre des exposants au salon est de 32. Quatre-vingt-quatorze travaux sont exposés à la vue du public [1938.06.15]. »

 

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1940 L'exposition Lys des Mohawks, Fortin et le projet de sanctuaire de verdure d'Henri Hébert.

Le 18 avril 1940, Le Devoir souligne encore la beauté de cette sculpture de Tekakwitha par Raymond Fortin exposée avec celles d'autres artistes. On y retrouve le jésuite Paul Racine qui en avait publié la photo en 1939. Mais l'emphase est désormais mise sur le pharamineux projet de Sanctuaire de verdure par Henri Hébert, qui ne verra jamais le jour dans les contingences de la Deuxième Guerre mondiale et des coûts (13 430,38 $ de 1947, sans la statue, représentent 181 056,73 $ en 2021 avec l'inflation).

« Hier après-midi, à l’occasion du 260ème anniversaire de la mort de Kateri Tekakwitha, le R. P. Antonio Poulin, S.J., vice-postulateur de la cause de béatification de la jeune vierge iroquoise, conviait les journalistes à admirer une intéressante exposition d’oeuvres d’art, de documents et écrits divers édifiés à la gloire du "Lys des Mohawks". Le Père Poulin et son collaborateur, le R. P. Paul Racine, S.J., ont expliqué le but de cette petite exposition: faire mieux connaître l’admirable figure de l'humble fille des bois que Rome s'apprête à glorifier. [...]

Parmi les oeuvres exposées, signalons la belle Kateri de bois sculpté de Raymond Fortin, la délicieuse terre cuite émaillée de M. Spénard, des Trois-Rivières, les dessins et hauts-reliefs de Louis Archambault, le tableau de Soeur Marguerite Nealis, les illustrations délicieuses qu’a faites Paul Coze pour le livre de M. Robert Rumilly, l’étude de Paul Caron, un spécimen de l’imagerie chinoise, etc.

On remarque, avec un intérêt particulier, la maquette d’une statue projetée par l’éminent sculpteur Henri Hébert, pour un monument qui serait élevé, dans un cadre de verdure, à la gloire de Kateri Tekakwitha. M. Hébert a conçu sa petite vierge iroquoise avec autant de piété que d’art. C’est là une oeuvre pleine d’élan et que nous souhaitons voir dans sa forme définitive dans un avenir prochain, si les circonstances le permettent. On y voit Catherine dans une attitude de prière et de supplication pleine de grâce. La jeune vierge, qui regarde avec amour le Christ en croix, tend les bras vers le ciel. La statue, qui mesurerait six pieds, serait coulée dans le bronze et reposerait sur un socle de granit dans lequel serait creusé un bassin. La jeune fille nous apparaîtrait sans le moindre ornement. Seul un lys de granit jeté par le sculpteur au pied de la statue symboliserait les vertus de la sympathique vierge iroquoise.

Le monument lui-même, qui s'élèverait dans l’un des paysages qui ont vu méditer et mourir Kaleri, serait mis en valeur par un décor de verdure et de fleurs dont M. Hébert a dessiné les grandes lignes. C’est là un projet qui mérite d'attirer l’attention et qui semble aisément réalisable [Le Devoir 1940.04.18]. »

Un sanctuaire de verdure en l'honneur de Kateri Tekakwitha - Description du Sanctuaire de verdure en l'honneur de Kateri Tekakwitha - Horaire des autobus et tramway Sainte-Catherine-de-Laprairie Caughnawaga

Henri Hébert 1947 Sanctuaire Kateri Tekakwitha [à l'intérieur du dépliant ci-dessus]

Henri Hébert, Kateri Tekakwitha, 1939, Plâtre patiné, 54,5 x 14 x 17 cm, Don de Germaine Roy-Morin, Musée national des beaux-arts du Québec 1991.120.

Brooke 2000, p. 176-177 cat. 69, signale 4 versions de cette oeuvre.

 


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Sculpture traditionnelle d'Isaac Jogues en 1940.

À la fin de sa cinquième et dernière année d'études à l'École des beaux-arts de Montréal, en juin 1940, Raymond Fortin remporte de nouveau un 1er prix en sculpture (1940.06.12, 2e prix anatomie artistique, 2e prix perpective) pour son Isaac Jogues dans un style typique de l'art traditionnel. Il ne suscite pas le même engouement que Tekakwitha, même s'il y utilise toujours un style hiératique. Déjà sanctifié, ce martyr jésuite ne bénéficie plus de l'ampleur des efforts accordés par la hiérarchie ecclésiastique à la cause de la jeune iroquoise, que ce jeune artiste avait eu l'intéressante idée de revêtir du charismatique art égyptien à la sémillante saveur art déco. La suite de sa biographie et de sa carrière reste dans l'ombre silencieuse d'un profond oubli, une erreur typographique sur son nom devant même être corrigée dans une ultime mention, car il ne figure plus, en 1941, dans la « Liste des prix de l'Ecole des Beaux-Arts [1941.06.05».

« La sculpture Dans le domaine de la sculpture un bon ensemble est exposé qui réunit [...] un saint Isaac Jogues, en bols sculpté, de Raymond Fortin dans une bonne tradition [1940.06.10] »

« Parmi les meilleurs travaux d'élèves que l'exposition de l'école des Beaux Arts montrera au public à partir de lundi prochain, on remarque [...] une sculpture sur bois représentant St-lsaac-Jogues s.j., par M. Raymond Fortier [1940.06.08] »

« M. Raymond Fortin est l'auteur de la statue de Saint Isaac Jogues Une erreur s’est glissée dans le compte-rendu que le CANADA de samedi publiait sur l’exposition des Beaux-Arts. L'auteur de la statue de Saint Isaac Jogues, en bois sculpté, photographié dans cette édition, est M. Raymond Fortin et non Fortier comme il a été écrit [1940.06.11]. »

 


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Épilogue en guise de bouée de recherche.

L'auteur de cette sculpture de Tekakwitha pourrait-il être l'un ou l'autre de ces homonymes ?

Dans les Annuaires Lovell de Montréal, l'artiste « Ray » Fortin habite une chambre au 65 ouest rue Sherbrooke en 1943, 1944 et 1945, soit à proximité de l'ancienne École des beaux-arts, alors sise coin Saint-Urbain et Sherbrooke.

 

Photos — Raymond Fortin « peintre-sculpteur » et son épouse Marthe Chicoine, 1952, séance de signatures de Pierre le Magnifique de Roger Lemelin (Québec, Institut littéraire du Québec), Librairie Lucius Laliberté, Granby (web ou pdf ou txt ; collaboration Josée Vincent et Maxime Bolduc).

 

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TEKAKWITHA.
Nouveaux regards sur ses portraits.
« Elle approche, elle meut quelque chose en avant. »